3ème Biennale, Poitiers – 2, 3et 4 juillet 2008

Evaluation et formation en travail social : objets, approches, débats

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La troisième biennale du GNI s’inscrit dans la lignée de celles organisées à Besançon en mai 2004 Qu’est-ce qu’apprendre par alternance puis à Marseille en juillet 2006 Les innovations pédagogiques dans les instituts de formation des travailleurs sociaux, temps forts dans la vie du Groupement national des instituts régionaux du travail social, de réflexion collective régulière, réunissant formateurs, cadres pédagogiques, documentalistes, chercheurs, cadres de direction et administrateurs des 21 instituts qui le composent.

Cette manifestation constitue un temps et un espace, privilégiés :

-          de rencontre et d’échanges de savoirs et de pratiques entre acteurs des centres de formation ;

-          de dialogue entre eux ;

-          de création de liens, de mise en réseau et de développement de projets communs.

 

La biennale 2008 s’articule autour du fil conducteur Evaluation et formation en travail social : objets, approches, débats.

Une thématique centrale pour le GNI

Le thème de l'évaluation a envahi progressivement tous les secteurs de l'activité humaine. Depuis les questions d'environnement jusqu'à la question politique (les « jurys citoyens ») en passant, plus près de notre champ d'activités, par l'évaluation des pratiques dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux.

L’évaluation fait partie intégrante du travail social : les professionnels ne cessent au quotidien, d’évaluer des besoins, des situations. Mais aujourd’hui, les établissements et les services sociaux et médico-sociaux sont appelés de manière plus pressante à mettre en place une démarche d’évaluation de leurs activités. En énonçant ce principe, la loi du 2 janvier 2002 a fait de l’évaluation une obligation qui doit être explicitée dès l’élaboration des projets institutionnels et qui se décline ensuite en évaluations internes et évaluations externes.

Le législateur interroge de cette façon la capacité des institutions à :

-          intégrer un nouveau rapport aux personnes censées bénéficier d’actions autrement que de manière passive ;

-          donner la garantie que les droits et les attentes des usagers sont bien au centre des préoccupations des professionnels ;

-          prendre en compte les effets produits par leurs interventions pour réajuster les projets initiaux, qu’il s’agisse de projets institutionnels ou de projets personnalisés.

 

Les instituts de formation de travailleurs sociaux sont, eux aussi, directement concernés par cette question, car elle les implique au moins dans deux dimensions distinctes et pourtant traversées de problématiques semblables :

-          ils sont prestataires de formations et de méthodologies auprès des établissements et services qui font appel à eux pour la mise en œuvre des dispositions prévues par la loi du 2 janvier 2002 en matière d'évaluation des pratiques ;

-          en tant qu'acteurs du champ de la formation professionnelle et des cadres du secteur social et médico-social, ils sont intéressés par l'évaluation de leurs propres prestations même si la réglementation, à l'heure actuelle, ne le demande pas explicitement.

Les instituts de formation se sont investis à des degrés divers dans ces deux perspectives. D'une part, ils ont réalisé des interventions de formation à l'évaluation dans les établissements et services et, d'autre part, ils se sont interrogés sur les effets produits par les formations qu'ils dispensent auprès de leurs étudiants (formations initiales) ou auprès des professionnels déjà qualifiés (formations continues et supérieures).

Or, si ces deux perspectives se distinguent quant à leurs objets, la première étant centrée sur la qualité du service envers des publics en difficulté, et la seconde plutôt dirigée vers la mesure et la connaissance de l'efficience des processus de formation mis en œuvre (qualifications et compétences), il n'en demeure pas moins qu'une problématique commune les traverse : comment apprécier, estimer et mieux comprendre les effets produits par des pratiques de terrain ou des pratiques de formation qui, du fait du jeu des interactions et des intersubjectivités qui les constituent, ne permettent jamais d'atteindre une objectivité totale, complète et indiscutable ?

 

Un enjeu fort : distinguer évaluation et contrôle

Comme le suggère le terme même, proche de la notion d’approximation, l’évaluation se distingue d’une pure connaissance objective. Si elle s’appuie sur une quantification, c’est moins pour prétendre à une mesure exhaustive et indiscutable que pour cerner au plus près, avec les acteurs concernés, un ensemble de données dont il importe surtout de dégager le sens. Au vu des écarts constatés entre des intentions et des réalisations, des améliorations peuvent alors être recherchées. Encore faut-il accepter d’entrer dans une logique de démonstration de ce que l’on fait et de qu’il reste à faire.

 

La contribution des formations au développement d’une culture de l’évaluation

Les instituts sont eux-mêmes de plus en plus souvent invités à se préoccuper de trois objets d’évaluation distincts :

-          l’évaluation des besoins, sous l’angle des effets attendus ;

-          l’évaluation de l’activité, qui renvoie à l’organisation ;

-          l’évaluation des effets produits, qui interroge à la fois le degré de satisfaction des personnes concernées et l’impact sur l’emploi.

L’évaluation des activités des instituts suppose de mettre en débat les indicateurs pouvant être pris en considération.

En amont, cela suppose de développer une culture de l’évaluation. Le contexte de la réforme des diplômes y contribue. Nous notons ainsi que les nouveaux référentiels de compétences, de certification et de formation, présentent la capacité à utiliser des éléments de méthodologie de l’évaluation comme un impératif qui traverse désormais tous les processus de qualification professionnelle, et ceci à tous les niveaux, du diplôme d’Etat d’aide médico psychologique aux formations supérieures.

Pour le GNI, la question se pose désormais dans ces termes : et si l’évaluation était une chance, une opportunité dans le processus de la formation ? Il est donc tout à fait naturel de prendre en compte cette question pendant le temps de formation. Cette évaluation de la prestation « rendue à l’usager » porte notamment sur la perception du service rendu à travers les conditions d’émergence de la parole.

Serait-ce à dire que la question posée dans les établissements ou services, relève de l’exercice du débat démocratique, en d’autres termes, l’expression d’une parole, l’expression de l’autonomie ? Alors, serait-il possible d’envisager un système d’évaluation des instituts de formation appréhendé aussi par le point de vue des personnes formées sur le service qui leur est rendu ?

En quelque sorte s’affirme un principe de réflexivité qui permettrait que le processus d’évaluation de l’organisme de formation, vécu pendant le cursus, soit aussi un moment inscrit dans la dynamique d’acquisition de compétences. Ce moment en lui-même doit pouvoir devenir générateur de postures professionnelles propres à permettre l’émergence de la parole de l’autre dans sa réalité propre, comme dans son intégrité.

Car enfin, si l’on se réfère au débat démocratique ou à l’expression d’une parole enfin possible, n’est-ce pas au final la question de l’humain avec laquelle les professionnels ont à faire chaque jour ?

 

4 conférenciers

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Didier Charlanne, directeur de l’ANESM (Agence nationale d’évaluation sociale et médico-sociale) - Evaluation et formation en travail social

 

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Eric Fiat, philosophe, responsable de la formation continue à l’Université de Marne la Vallée  - Critique de la raison évaluative

 

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Lucien Karpik, sociologue, professeur de sociologie à l’Ecole des mines – L’économie des singularités

 

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Claude Larivière, professeur chercheur à l’Ecole de service social de l’Université de Montréal - L’évaluation dans une dimension à visée francophone

 

18 contributions

La Biennale du GNI a été l'occasion de présentations et confrontations d'expériences menées par des acteurs des centres de formation, formateurs, cadres de direction, cadres pédagogiques, documentalistes, chercheurs…

Lionel Bach - La formation au travail social au carrefour de l’évaluation

Isabelle Bachelart, Etienne Weber - Evaluation et Formation Ouverte et A Distance : Quelques remarques dans la perspective d’une conception de l’évaluation en FOAD

Joël Barthélémy - L’évaluation d’un service d’accompagnement familial : entre déconstruction et recherche-action

Hugues Bawedin, Juan Castro - La professionnalisation des acteurs de l’insertion à Mayotte : Une première démarche évaluative visant l’accès au titre de CIP par la voie de la VAE

Annie Chatenay - Quelles pratiques de l’évaluation pour l’éducateur spécialisé : un postulat compréhensif pour faciliter le processus relationnel

Vivette Chomat - Maltraitance en institution : l’approcher à partir de quels modèles d’évaluation ?

Brigitte Coulon - Favoriser la réflexivité chez l’étudiant, l’évaluation collective comme outil pédagogique

Raphaël Daufresne - Mises en perspective des démarches d’accompagnement sur l’évaluation interne pour concevoir le sens de l’évaluation des formations diplômantes

Meriem Hajjar - La transformation des pratiques professionnelles par la mise en œuvre de l’évaluation interne dans le secteur social et médico-social

Dorina Hintea - Vers une évaluation des compétences informationnelles dans la formation des Travailleurs Sociaux

Didier Lahaye - Evaluer un institut de formation en travail social : objets et temporalités

Contribution collective portée par Marie-Claude Lhaoucine -  Contribution Biennale GNI : Evaluation et VAE, la VAE comme processus global d’évaluation ?

Jacques Papay - Les enjeux pédagogiques de la formation à l’évaluation interne

Jean-Michel Pérez - Le carnet de bord comme outil d’auto-évaluation et de régulation dans la formation d’assistant de service social

Marc Rouzeau - Expertise sociale et capacités évaluatives, les 2 ou 3 choses que je sais d'elles…

François Sentis - Formation en travail social : Quelle architecture entrepreneuriale ?

Catherine Tourrilhes - La démarche de recherche-action dans une évaluation visant un processus de changement

Marie-Jeanne Vérot - Entre auto-flagellation et auto-justification, quelle place pour l'auto-évaluation dans le diplôme d’état d'assistant de service social ?

 

Les participants assidus (Photos)
 

 

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